Je suis toujours dans une forme de spontanéité, d'une certaine façon.
Dans cette spontanéité, je me laisse surprendre par mes choix de sujets. Dont je ne m'attends pas !
Depuis plusieurs semaines, j'ai un sujet au fond de moi que je voulais partager, mais je voulais laisser passer du temps pour que cela ne soit pas partager trop proche des séances vécues en réelles.
Et puis, l'envie m'est passée.
Ce matin, j'étais tranquillement dans mon cabinet, en train de me préparer à ma journée de travail. Et puis un moment, je feuillette ce calpin.
Une phrase que j'ai prononcée en séance à une cliente est notée là. Elle me saute aux yeux. Elle ravive le moment vécu où nous traversons ensemble la surprise de ma réponse et la complicité que cela a créé.
Ni une, ni deux... Je branche le micro, j'ouvre mon logiciel et je lance l'enregistrement.
Je me laisse à nouveau surprendre par ce que j'y raconte et par ce que j'intègre aussi pour moi-même dans ce que j'expose...
En toute intimité de psy Gestaltiste : "On s'en fout de l'après !"
"La surprise crée du mouvement."
J'ai le sentiment d'avoir les pieds joints dedans avec ce pseudo-podcast.
Je me suis sentie un peu seule aujourd’hui face à ce que
j’ai traversé.
Les 15 minutes les plus stressantes de ma vie en tant que
praticienne.
Imaginer le pire parce que le client qui habituellement est
toujours là 5 minutes avant n’arrive pas.
La dépression, les pensées
suicidaires et l’avoir laissé 2 semaines plus tôt dans un état de souffrance
que le pire traverse réellement mon esprit.
15 minutes à attendre si le client va arriver avant de
fermer la porte du cabinet. Et surtout à espérer qu’il va suffisamment bien
pour ne pas avoir commis le pire.
Lui faire un message pour lui rappeler que je l’attends.
Et continuer à imaginer ce qui pourrait se passer de pire
dans la vie contemporaine du client.
Me rappeler lui avoir dit deux semaines plus tôt que c’est
le moment où il devrait tenir bon et surtout ne pas lâcher la thérapie alors
que son système nerveux montre une envie intense de se retirer du monde.
Lui
rappeler que je suis là, que cet espace est le sien et qu’il est important. Me
souvenir qu’il m’a dit : « Ça me fait du bien de te parler et je
ferai tout pour ne pas lâcher la thérapie. »
Ne pas le voir 5 minutes avant l’heure dans la salle
d’attente et sentir qu’aujourd’hui ne sera pas comme d’habitude.
Tapoter l’index sur la table.
Respirer.
Attendre.
Préférer que le lien ne soit pas encore bien tissé et qu’il
m’ait oubliée que d’imaginer le pire…
Me demander si je n’ai pas de nouvelles, qu’est-ce que je
fais ?
Attendre et me demander si j’appelle après les 15 minutes
posé par mon cadre.
Et si c’est la famille qui décroche ?
Et là penser… Je suis seule face à moi-même, à mes choix, à
mon humanité, à mon éthique, à mon cadre ?! Et je vis pour la première
fois les 15 minutes les plus longues et angoissantes de ma pratique.
Attendre un client qui n’arrive pas, parfois c’est aussi ça.
M’inquiéter pour lui. Me demander ce qui a bien pu se passer entre les séances.
Me demander comment il a traversé sa vie et s’il tient le coup.
Lui envoyer un message et lui dire que je l’attends, que ce
n’est pas habituel chez lui, que je suis inquiète et espérer que ce n’est qu’un
contre-temps.
Le connaître suffisamment pour savoir les pensées qu’il
pourrait avoir s’il a oublié et qui inhibe sa reprise de contact.
Imaginer toutes les configurations possibles.
Et puis envoyer un message encore. Lui rappeler que je suis
là, que s’il a oublié la séance, que ce n’est pas grave, je suis là pour la
prochaine séance, que notre lien reste intact et qu’il revienne vers moi poser
un autre RDV.
Puis essayer de rester tranquille. Continuer à vivre ma
journée avec cette boule au ventre. Non pas faire comme s’il ne se passait
rien. Rester connecter à la vie avec cette émotion. Et puis juste faire
confiance au lien que nous avons commencé à créer. Lui faire confiance, croire
qu’il retrouvera le moyen de reprendre contact avec moi.
Et recevoir des heures plus tard des excuses puis un merci
pour le message et pour la présence. Un message qui dit que cela l’a beaucoup
aidé et une demande de reprise de RDV.
Le lien est là. Fragile. Mais là.
Même si un moment, j’aurais pu perdre pied. Si je n’avais
pas fait attention à sa structure et ses propres schémas, j’aurai pu distordre
ce lien, prise moi-même par le réveil que provoque les silences de l’autre dans
le lien chez moi. Alors j’ai dû m’accueillir un instant, comprendre que
l’anxiété qui s’active m’appartient. M’accueillir pour pouvoir ensuite me
mettre de côté.
Et lui envoyer le message qui nous a permis de nous remettre
dans la relation.
Je ne pensais pas qu'en reprenant la plume ici, j'aurais aussi par la même occasion repris le micro.
Me voilà à déposer mes réflexions, mes pensées, ma traversée, mon expérience dans mon activité de jeune praticienne en psychothérapie.
J'en suis venue finalement à créer une jaquette et mettre cela en ligne sur Youtube car Soundcloud ne prend pas plus de 3 audios sans payer et cela m'a limitée. Le seul lieu où je pouvais charger cela sans débourser des sous, c'était sur mon compte pro Youtube, ce qui m'a amenée à vouloir rendre esthétique le visuel de la vidéo.
Je n'ai pas prévu de tenir un podcast avec des épisodes réguliers. Je n'en ai pas forcément le temps ni l'énergie ni l'envie. Je n'ai aucun but de communication marketing derrière - Ce blog n'a aucun objectif professionnel non plus. - Donc pas de musique, pas d'intro, pas d'outro. Du brut. Comme lorsque j'écris.
Ici, c'est juste moi, dans l'extimité de ce que je choisis de laisser voir.
Moi, Ju'... qui prise dans un besoin de sortir hors de moi ce qui brûle à l'intérieur, j'allume le micro et je parle comme je parle à mes ami·es. Je réflechis et nomme comme je le fais en séance. Donc sans fioriture. Ce sont donc des audios posés là et enregistrés de manière spontanée. Prendre du plaisir, se faire du bien. Rester soi au max. C'est tout ce qui compte.
Il y a 1 mois, en revenant sur ce blog, je ne pensais pas que j'aurais eu besoin et envie de créer cet autre espace. Mais pourquoi pas ? Mon corps m'a poussée à le faire, j'en connaitrais peut être le sens et les raisons plus tard. Même si je ne sais pas non plus pour quelle raison, j'ai eu besoin de dire tout cela avant. Je suis comme dans une recherche d'alignement encore entre celle que je suis et ce que je voudrais tenir pour moi en tant que praticienne.
Et voici le dernier épisode qui m'a brûlée le ventre...
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Il y a des feux qu’on ne voit pas, mais qui brûlent fort, là, dans le ventre.
Ce week-end, j’ai compris que ma passion, ce n’est pas un métier, c’est un mouvement.
Ce qui m’anime, ce n’est pas “être psy” — c’est la rencontre.
La vraie, celle qui traverse, qui transforme, qui laisse une trace dans le silence.
Dans chaque séance, je redécouvre l’autre. Et je me redécouvre aussi.
Il y a ce moment précieux où quelque chose s’ouvre, où une lumière s’allume.
Et je me dis : c’est pour ça que je fais ce métier.
Pas pour le titre, mais pour le lien.
Pour ce qui ne se voit pas mais se ressent, pour ce qui naît dans l’espace entre deux êtres.
Cet épisode, c’est une plongée dans ce feu-là — celui qui fait de moi la thérapeute que je suis.
Aujourd'hui... 01 avril 2025... me suis-je fait un poisson d'avril à moi-même ?
J'ai ressenti au fond de moi aujourd'hui ce besoin de m'exprimer...
Mais cela ne devait pas passer par les mots déposés...
J'ai eu envie de déposer ma voix en toute intimité de Gestaltiste.
J'ai ouvert l'enregistreur, j'ai allumé mon micro... et je me suis mise à parler.
Dire ce qui me touche, ce qui me rend triste, parler de mon expérience de thérapeute en psychothérapie Gestalt qui débute dans sa pratique, et ouvrir la porte de cet envers du décor.
J'ai l'habitude de scripter mes vidéos ou mes audios pour aller vers l'essentiel mais là, ce n'est pas mon intention. Ici, je l'ai fait d'abord pour moi, pour déposer sous une autre forme mon expérience subjective et ce qui me traverse quand je me mets à parler sans trop réfléchir de ce que je vis.
C'est un peu comme si... je réservais cela à ceux qui auront envie d'écouter...
Car sur un blog... on préfère lire n'est-ce pas ? :-)