Aujourd’hui j’aurai aimé parlé des personnes toxiques. J’ai constaté dernièrement que j’en avais
quelques unes autour de moi. Une personne imposée, dans le cadre du travail, et
l’autre que j’ai choisie finalement de faire entrer dans ma vie il y a bien des
années de cela, j’en parlerai dans un autre article.
« Les victimes
sont difficiles à identifier parce qu'on commence toujours par avoir de la
compassion pour elles. Mais plus le temps passe, et plus l'on comprend qu'elles
ont besoin de nous tout le temps. Les victimes refusent toute responsabilité en
faisant du moindre obstacle une montagne impossible à franchir. Elles ne
pensent pas que les périodes difficiles sont des occasions d'apprendre et
d'évoluer. Un vieux dicton dit : "La douleur est inévitable mais souffrir
est optionnel." Cela illustre tout à fait le côté toxique de la victime,
qui choisit de souffrir tout le temps. »
Pour parler de Victime, c’est une personne qui est arrivée dans le
cadre de mon travail il y a maintenant deux ans. Au départ, je travaillais très
peu avec elle. Mais pour le peu de temps que je passais avec elle, elle me
faisait ressentir quelque chose de désagréable. Notre relation n’était pas
fluide, et j’avais toujours l’impression de fournir toujours plus pour faire en
sorte que l’accompagnement auprès des enfants puisse se faire correctement.
A chaque fois que je me retrouvais avec elle, j’avais cette
sensation d’être seule et de ne jamais travailler en binôme, comme avec tous
mes autres collègues. [Nous proposons des
groupes aux enfants, et les binômes changent en fonction des groupes proposés] Je ressentais cette sensation vraiment désagréable de devoir gérer
ma collègue pour ESSAYER, TENTER un travail cohérent avec elle.
Victime me met mal à l’aise face à sa façon d’être auprès des
enfants, sa façon de les manipuler sans verbaliser, de les prendre, de les
retourner, de les contenir, sa façon de ne pas laisser la place à leur autonomie,
sa façon de ne pas être patiente et d'être autoritaire, sa façon aussi de traiter
les enfants « de gros bêta ou de sots… » alors qu’ils sont déficients,
ont des troubles du comportement et que nous sommes là pour les accompagner. Sa
façon de montrer son manque de bienveillance, et de n'avoir aucune conscience de ce comportement.
Je tenais plusieurs groupes de 4 à 5 enfants handicapés dont Victime
que je comptais parmi eux. A chaque fois, cela me pompait de l’énergie. Au fur
et à mesure du temps qui passe, bien que j’aie tenté par les différentes
instances de parole proposées par la structure pour communiquer mes besoins de vraiment
travailler en binôme, de pouvoir compter l’une sur l’autre, bien que j’aie
tenté de lui parler directement en utilisant une parole impeccable, où j’énonçais
seulement mes ressentis et mes besoins, ou même lorsque je verbalisais auprès
des enfants ce qu’ils allaient faire, Victime
se sentait toujours attaquée et mettait sans cesse à mal l’accompagnement
auprès des enfants. Et moi plus elle me faisait ressentir ça et plus elle me
transformait en bourreau. Bon, avouons-le, j’ai ressenti l’envie d’être son
bourreau ou du moins, j’ai éprouvé tellement de violence à l’intérieur de
moi, j’ai eu l’envie de lui éclater la tronche contre un mur !! [Enfin c’est dit !!!!
Promis je ne suis pas encore passée à l’acte ! Encore 1 semaine et demi à
tenir avant de ne plus jamais travailler avec Victime !]
Victime est une personne qui ne fait que de se plaindre. A peine
arriver au travail le matin, elle a déjà tant de mauvaises choses à raconter.
Son humeur est changeante [déprime-humeur
neutre-ça va-déprime-déprime-neutre…], et notre rapport haine-amour envers elle en est tout
autant. Victime s’est isolée dès son
arrivée chez nous, ne cherchant pas à faire connaissance, essayant sans cesse de
toucher notre corde sensible dès lors qu’elle se sent prise en faute, pour que
nous la plaignons et excusons sa passivité au travail ! [On comprend mais n’excuse
pas ! Car on supporte ses carences pour tenir auprès des enfants !] Nous avons l’impression que l’esprit d’équipe est une notion qui la
dépasse. Puisqu’elle se défend de tout et sur tout, il est devenu très
difficile de travailler avec elle. Même lorsque je lui ouvre la porte de la
communication, elle n’en franchit pas le seuil… Et laisse des traces de
non-dits dans notre relation professionnelle. Victime a des difficultés à être en lien avec les autres,
tandis qu'une complicité est nécessaire entre collègues pour faire ce
travail, rien ne se tisse avec elle. C’est tout un projet à monter
pour communiquer et travailler avec elle !
Pourtant, je vous le dis, ce n’est pas faute d’avoir tenté toutes
les stratégies possibles pour faire que cela puisse marcher entre elle et nous.
Tenter de proposer notre aide, mais Victime le vivait mal, et avait l’impression
qu’on lui renvoyait au visage son incompétence.
Utiliser la communication non-violente, les bases de la PNL…
Proposer des temps d’échange en fin de journée pour partager un
moment agréable ensemble en évoquant chacune nos 5 moments positifs de la
journée.
Même tenter nous-mêmes de nous convaincre que nous sommes trop
exigeantes, que nous travaillons avec des personnes différentes, pourquoi n’arrivons-nous
donc pas à accepter la différence de notre collègue ?
Mais Victime est une personne toxique. Dès qu’elle est là, elle
pollue l’air de son mal-être, de ses plaintes. Il n’est pas possible de parler
avec elle sans devoir tourner ses phrases dans sa tête pour ne pas l’agresser,
et cela pompe une énergie folle.
Je sais que Victime souffre, qu’elle ne doit pas avoir une histoire
très facile pour être comme elle est et à son âge. Mais, au quotidien, Victime
est pénible, elle porte sur son corps toute la lourdeur de sa vie, son mal-être
à être au milieu des autres, son manque de confiance extrême et son manque d’empathie.
Victime au quotidien est devenue un boulet qu’on trimballe, et que l’on combat
pour ne pas baisser les bras au quotidien. Si elle n’était pas là, nous aurions
pu mettre notre énergie ailleurs.
A l’heure actuelle, Victime est devenue inanimée en raison de ce que l’on
vit au travail, s’est plainte de perdre son travail, en raison de son
ancienneté elle ne pourra pas trouver aussi facilement du travail, mais n’a pas
pu se battre avec nous pour tenter de sauver son emploi. Victime est si mal qu’elle
n’arrive pas à se mobiliser, mais dans son semblant de soutien moral, nous fait
vivre beaucoup de violence.
Plus les jours filent et plus Victime fait sa victime tout en
oubliant que les autres sont sur le même bateau…
Victime… se défile dès qu’elle peut en laissant derrière elle des
collègues qui lui demandent de l’aide, du soutien… Victime n’en est pas
capable, elle semble avoir besoin de régler ses problèmes personnels avant de continuer dans ce milieu… Car Victime ira polluer l’air de quelques-uns
bientôt si ce travail n'est pas fait… En attendant, nous la traînons encore comme un boulet le temps des négociations…
Dans ma vie personnelle, dès lors que je me rends compte qu’une
personne est toxique, je décide de m’en éloigner sans chercher à leur expliquer
ma décision. Basta ! Hasta la vista baby ! La porte t'est fermée désormais !
Dans le cadre du travail, on se coltine la personne toxique et
on cherche des stratégies pour ne pas devenir fou face à ce comportement
irrationnel. Le garde-fou, c’est le travail. Aujourd’hui, je n’ai plus aucun
garde-fou… Il nous reste moins de deux semaines avant que les derniers enfants
s’en aillent… je pourrais enfin bientôt lui tourner le dos et sauver ma santé psychique en espérant que Victime ne se prenne pas une raclée verbale avant !!
Je tiens à préciser que je ne nie pas la souffrance qui est la
sienne... Et je peux totalement la comprendre, mais je n'accepte pas qu'elle
me pourrisse la vie....
Ju’
Bonjour,
RépondreSupprimerAvant d'aller me coucher, je n'ai pas pu m'empêcher de venir lire votre billet...
De ma petite expérience, il y a deux attitudes possibles pour cottoyer Victime. la première, la plus aisée et la moins instructive, est de garder Victime au grand large de son espace vital.
La 2e solution est de renier sa propre personnalité et faire place au zen (celui originel, pas l'occidentalisé).
Vous pratiquez les massages donc vous devriez avoir un aperçu de ce que je veux dire...
(Etant moi-même praticien en shiatsu, lorsque je masse un(e) patient(e), je n'ai aucune connexion avec ma psyché. C'est ainsi que l'on peu "soigner" l'autre : en n'étant pas "soi")
Cela n'est pas facile à atteindre, mais avec la pratique, l'on peut agir de la sorte...
Mes yeux se ferment. Je suis désolé si mes propos sont confus.
Je reviendrais sur ce billet pour vous éclairez, si vous le souhaitez...
En attendant, concentrez-vous vous votre respiration : inspiration, expiration...
A bientôt.
Bonjour Gilles,
RépondreSupprimerLa difficulté, je crois bien et comme j'ai pu vous le dire déjà sur "Etiquettes" c'est lorsque la relation n'est pas choisie mais imposée. Difficile de mettre à distance une personne qui fait partie de votre quotidien professionnel, avec qui vous devez collaborer.
Difficile aussi également de "renier sa propre personnalité"... quand cette relation professionnelle, aussi toxique qu'elle soit, sert à accompagner des enfants en souffrance.
Mais, dans mon cas, le problème sera bientôt régler. :-)
En attendant, je me concentre bien sur ma respiration :-)
Pour info, je ne suis pas masseuse, par mon compte, j'aide une amie masseuse à créer un blog pour qu'elle se fasse connaître.
Bonne journée !
Ju'
Ju,
RépondreSupprimerBonjour... (retour des bras de Morphée)
Effectivement, lorsqu'on ne peut appliquer les deux précédentes solutions : se protéger physiquement, se protéger mentalement, il reste "l'endurance" (endurer une situation que l'on sait temporaire)...
Pardon pour ma confusion quant au massage bien-être...
A bientôt...
A bientôt !
Supprimeret merci Gilles ! :-)
En lisant ce billet, je comprends donc que vous vous occupez d'enfants handicapés ? En IME ? J'ai un petit-fils handicapé. A 2 ans et demi, alors qu'il allait très bien, il a fait une rupture d'anévrisme, et cela lui a laissé un lourd handicap physique et mental. Il a 8 ans et demi maintenant.
RépondreSupprimerFrançoise,
SupprimerEn effet, il me reste encore jeudi... et cela sera terminé... et non ce n'est pas un IME, mais une structure qui permettait d'accueillir des enfants en attente d'un IME.
C'est toujours un cap très difficile à passer pour les familles, et surtout pour les parents lorsque le handicap survient alors que l'enfant allait bien avant. Il y a un long cheminement de deuil à faire pour accepter cette nouvelle situation.
Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, et pour les parents, mais je vous souhaite en tout cas de beaux moments avec lui... car il y en a toujours de jolis moments, de tendresse et d'amour...
Bien sûr qu'il y a de beaux moments passés avec lui, Ju'Lyn. Il n'est pas facile, mais il peut être aussi tellement adorable. De plus, j'ai une très bonne relation avec lui, depuis toujours d'ailleurs, même avant qu'il ne lui arrive cet accident de santé, cela n'a rien enlevé à la richesse de notre relation. :-)
SupprimerLes enfants handicapés prennent énormément d'énergie, aussi je comprends que si Victime vous en prenait, elle aussi, vous deviez être épuisée en fin de journée.
RépondreSupprimerL'épuisement en fin de journée, pas toujours...
SupprimerC'est surtout au quotidien, au fil du temps qui passe, l'énergie folle qu'on peut mettre pour essayer de faire en sorte que les choses puissent bouger, changer... et qu'au final... ça ne bouge pas toujours aussi vite que l'on aurait souhaité :-)
Merci de comprendre :-)
"nul ne peut faire boire un âne qui n'a pas soif" ....
RépondreSupprimer(encore un dicton, désolé.... !! - private joke)
On ne porte pas au secours d'une personne qui ne désire pas changer et a besoin du "confort" qu'apporte le fonctionnement victimal.
C'est certainement un douloureux constat. Mais les faits sont têtus !
J'ai mis des années à comprendre cela....
Dans la vie professionnelle la présence de l'autre est imposée, mais la distance intérieure est possible.
Ma question serait alors : Pourquoi vouloir "changer" cette personne ?
Il existe parfois un paradoxe : Renoncer au désir de changer l'autre... le transforme....
Pourquoi vouloir changer une personne ?
SupprimerJe crois que là n'était pas du tout mon intention... Au fond de moi, je l'ai plutôt pris comme un défi de réussir à communiquer et être dans une relation plus saine...
C'est plutôt moi que j'ai tenté de me changer (ou dirai-je plutôt de m'adapter à elle), dans ma relation avec elle... mais... rien n'y faisais, cela ne changeait pas ce qu'elle a pu provoquer comme violence en moi... quoique... le progrès a été que de la violence, j'ai pu passé à l'agacement.... avant la fin du boulot !
Je te rejoins sur le fait qu'en effet, on ne peut pas aider une personne qui ne désire pas d'être aidée... Je ne dirai même pas de changer... car je n'ai pas cette prétention-là de pouvoir changer quelqu'un... Ce constat, je l'ai déjà faite... et cela peut en effet être plus douloureux quand il s'agit de la famille :-)
Je n'ai pas eu le temps d'expérimenter la distance intérieure dans ce cadre-là...
mais... j'aurai bien l'occasion de le faire dans le cadre familial ! =)
PS : je crois que c'est toi qui n'es pas très points de suspension... J'ai cru l'avoir lu quelque part.
Moi je le suis beaucoup. Je marque le temps de la réflexion.
Avec moi tu n'y échapperas pas ^^
Victime et néanmoins bourreau parce que souvent c'est ce qui se passe. Certains sont trés forts à cet exercice !
RépondreSupprimerC'est un jeu de va et vient entre victime et bourreau...
SupprimerJe suis victime de la bourreau-victime.... Je deviens bourreau de la victime...
Au milieu tu rajoutes aussi le sauveur.... Un trio de choc dans une relation !!!
Tu passes de l'un à l'autre en permanence...
Mais qu'en tu en prends conscience, c'est plus facile de t'en échapper. =)