"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


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18 juillet 2017

Toxique ma Victime !




Aujourd’hui j’aurai aimé parlé des personnes toxiques. J’ai constaté dernièrement que j’en avais quelques unes autour de moi. Une personne imposée, dans le cadre du travail, et l’autre que j’ai choisie finalement de faire entrer dans ma vie il y a bien des années de cela, j’en parlerai dans un autre article.

« Les victimes sont difficiles à identifier parce qu'on commence toujours par avoir de la compassion pour elles. Mais plus le temps passe, et plus l'on comprend qu'elles ont besoin de nous tout le temps. Les victimes refusent toute responsabilité en faisant du moindre obstacle une montagne impossible à franchir. Elles ne pensent pas que les périodes difficiles sont des occasions d'apprendre et d'évoluer. Un vieux dicton dit : "La douleur est inévitable mais souffrir est optionnel." Cela illustre tout à fait le côté toxique de la victime, qui choisit de souffrir tout le temps. »

Pour parler de Victime, c’est une personne qui est arrivée dans le cadre de mon travail il y a maintenant deux ans. Au départ, je travaillais très peu avec elle. Mais pour le peu de temps que je passais avec elle, elle me faisait ressentir quelque chose de désagréable. Notre relation n’était pas fluide, et j’avais toujours l’impression de fournir toujours plus pour faire en sorte que l’accompagnement auprès des enfants puisse se faire correctement.

A chaque fois que je me retrouvais avec elle, j’avais cette sensation d’être seule et de ne jamais travailler en binôme, comme avec tous mes autres collègues. [Nous proposons des groupes aux enfants, et les binômes changent en fonction des groupes proposés] Je ressentais cette sensation vraiment désagréable de devoir gérer ma collègue pour ESSAYER, TENTER un travail cohérent avec elle.
Victime me met mal à l’aise face à sa façon d’être auprès des enfants, sa façon de les manipuler sans verbaliser, de les prendre, de les retourner, de les contenir, sa façon de ne pas laisser la place à leur autonomie, sa façon de ne pas être patiente et d'être autoritaire, sa façon aussi de traiter les enfants « de gros bêta ou de sots… » alors qu’ils sont déficients, ont des troubles du comportement et que nous sommes là pour les accompagner. Sa façon de montrer son manque de bienveillance, et de n'avoir aucune conscience de ce comportement.

Je tenais plusieurs groupes de 4 à 5 enfants handicapés dont Victime que je comptais parmi eux. A chaque fois, cela me pompait de l’énergie. Au fur et à mesure du temps qui passe, bien que j’aie tenté par les différentes instances de parole proposées par la structure pour communiquer mes besoins de vraiment travailler en binôme, de pouvoir compter l’une sur l’autre, bien que j’aie tenté de lui parler directement en utilisant une parole impeccable, où j’énonçais seulement mes ressentis et mes besoins, ou même lorsque je verbalisais auprès des enfants ce qu’ils allaient faire, Victime se sentait toujours attaquée et mettait sans cesse à mal l’accompagnement auprès des enfants. Et moi plus elle me faisait ressentir ça et plus elle me transformait en bourreau. Bon, avouons-le, j’ai ressenti l’envie d’être son bourreau ou du moins, j’ai éprouvé tellement de violence à l’intérieur de moi, j’ai eu l’envie de lui éclater la tronche contre un mur !! [Enfin c’est dit !!!! Promis je ne suis pas encore passée à l’acte ! Encore 1 semaine et demi à tenir avant de ne plus jamais travailler avec Victime !]





Victime est une personne qui ne fait que de se plaindre. A peine arriver au travail le matin, elle a déjà tant de mauvaises choses à raconter. 
Son humeur est changeante [déprime-humeur neutre-ça va-déprime-déprime-neutre…], et notre rapport haine-amour envers elle en est tout autant.  Victime s’est isolée dès son arrivée chez nous, ne cherchant pas à faire connaissance, essayant sans cesse de toucher notre corde sensible dès lors qu’elle se sent prise en faute, pour que nous la plaignons et excusons sa passivité au travail ! [On comprend mais n’excuse pas ! Car on supporte ses carences pour tenir auprès des enfants !] Nous avons l’impression que l’esprit d’équipe est une notion qui la dépasse. Puisqu’elle se défend de tout et sur tout, il est devenu très difficile de travailler avec elle. Même lorsque je lui ouvre la porte de la communication, elle n’en franchit pas le seuil… Et laisse des traces de non-dits dans notre relation professionnelle. Victime a des difficultés à être en lien avec les autres, tandis qu'une complicité est nécessaire entre collègues pour faire ce travail, rien ne se tisse avec elle. C’est tout un projet à monter pour communiquer et travailler avec elle !



Pourtant, je vous le dis, ce n’est pas faute d’avoir tenté toutes les stratégies possibles pour faire que cela puisse marcher entre elle et nous. Tenter de proposer notre aide, mais Victime le vivait mal, et avait l’impression qu’on lui renvoyait au visage son incompétence.
Utiliser la communication non-violente, les bases de la PNL…
Proposer des temps d’échange en fin de journée pour partager un moment agréable ensemble en évoquant chacune nos 5 moments positifs de la journée.
Même tenter nous-mêmes de nous convaincre que nous sommes trop exigeantes, que nous travaillons avec des personnes différentes, pourquoi n’arrivons-nous donc pas à accepter la différence de notre collègue ?

Mais Victime est une personne toxique. Dès qu’elle est là, elle pollue l’air de son mal-être, de ses plaintes. Il n’est pas possible de parler avec elle sans devoir tourner ses phrases dans sa tête pour ne pas l’agresser, et cela pompe une énergie folle.
Je sais que Victime souffre, qu’elle ne doit pas avoir une histoire très facile pour être comme elle est et à son âge. Mais, au quotidien, Victime est pénible, elle porte sur son corps toute la lourdeur de sa vie, son mal-être à être au milieu des autres, son manque de confiance extrême et son manque d’empathie. Victime au quotidien est devenue un boulet qu’on trimballe, et que l’on combat pour ne pas baisser les bras au quotidien. Si elle n’était pas là, nous aurions pu mettre notre énergie ailleurs.

A l’heure actuelle, Victime est devenue inanimée en raison de ce que l’on vit au travail, s’est plainte de perdre son travail, en raison de son ancienneté elle ne pourra pas trouver aussi facilement du travail, mais n’a pas pu se battre avec nous pour tenter de sauver son emploi. Victime est si mal qu’elle n’arrive pas à se mobiliser, mais dans son semblant de soutien moral, nous fait vivre beaucoup de violence.
Plus les jours filent et plus Victime fait sa victime tout en oubliant que les autres sont sur le même bateau…  

Victime… se défile dès qu’elle peut en laissant derrière elle des collègues qui lui demandent de l’aide, du soutien… Victime n’en est pas capable, elle semble avoir besoin de régler ses problèmes personnels avant de continuer dans ce milieu… Car Victime ira polluer l’air de quelques-uns bientôt si ce travail n'est pas fait… En attendant, nous la traînons encore comme un boulet le temps des négociations…

Dans ma vie personnelle, dès lors que je me rends compte qu’une personne est toxique, je décide de m’en éloigner sans chercher à leur expliquer ma décision. Basta ! Hasta la vista baby ! La porte t'est fermée désormais !

Dans le cadre du travail, on se coltine la personne toxique et on cherche des stratégies pour ne pas devenir fou face à ce comportement irrationnel. Le garde-fou, c’est le travail. Aujourd’hui, je n’ai plus aucun garde-fou… Il nous reste moins de deux semaines avant que les derniers enfants s’en aillent… je pourrais enfin bientôt lui tourner le dos et sauver ma santé psychique en espérant que Victime ne se prenne pas une raclée verbale avant !!




Je tiens à préciser que je ne nie pas la souffrance qui est la sienne...  Et je peux totalement la comprendre, mais je n'accepte pas qu'elle me pourrisse la vie....


Ju’

13 commentaires:

  1. Bonjour,
    Avant d'aller me coucher, je n'ai pas pu m'empêcher de venir lire votre billet...
    De ma petite expérience, il y a deux attitudes possibles pour cottoyer Victime. la première, la plus aisée et la moins instructive, est de garder Victime au grand large de son espace vital.
    La 2e solution est de renier sa propre personnalité et faire place au zen (celui originel, pas l'occidentalisé).
    Vous pratiquez les massages donc vous devriez avoir un aperçu de ce que je veux dire...
    (Etant moi-même praticien en shiatsu, lorsque je masse un(e) patient(e), je n'ai aucune connexion avec ma psyché. C'est ainsi que l'on peu "soigner" l'autre : en n'étant pas "soi")
    Cela n'est pas facile à atteindre, mais avec la pratique, l'on peut agir de la sorte...
    Mes yeux se ferment. Je suis désolé si mes propos sont confus.
    Je reviendrais sur ce billet pour vous éclairez, si vous le souhaitez...
    En attendant, concentrez-vous vous votre respiration : inspiration, expiration...
    A bientôt.

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  2. Bonjour Gilles,

    La difficulté, je crois bien et comme j'ai pu vous le dire déjà sur "Etiquettes" c'est lorsque la relation n'est pas choisie mais imposée. Difficile de mettre à distance une personne qui fait partie de votre quotidien professionnel, avec qui vous devez collaborer.
    Difficile aussi également de "renier sa propre personnalité"... quand cette relation professionnelle, aussi toxique qu'elle soit, sert à accompagner des enfants en souffrance.
    Mais, dans mon cas, le problème sera bientôt régler. :-)
    En attendant, je me concentre bien sur ma respiration :-)

    Pour info, je ne suis pas masseuse, par mon compte, j'aide une amie masseuse à créer un blog pour qu'elle se fasse connaître.

    Bonne journée !

    Ju'

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  3. Ju,
    Bonjour... (retour des bras de Morphée)
    Effectivement, lorsqu'on ne peut appliquer les deux précédentes solutions : se protéger physiquement, se protéger mentalement, il reste "l'endurance" (endurer une situation que l'on sait temporaire)...
    Pardon pour ma confusion quant au massage bien-être...
    A bientôt...

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  4. En lisant ce billet, je comprends donc que vous vous occupez d'enfants handicapés ? En IME ? J'ai un petit-fils handicapé. A 2 ans et demi, alors qu'il allait très bien, il a fait une rupture d'anévrisme, et cela lui a laissé un lourd handicap physique et mental. Il a 8 ans et demi maintenant.

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    1. Françoise,

      En effet, il me reste encore jeudi... et cela sera terminé... et non ce n'est pas un IME, mais une structure qui permettait d'accueillir des enfants en attente d'un IME.

      C'est toujours un cap très difficile à passer pour les familles, et surtout pour les parents lorsque le handicap survient alors que l'enfant allait bien avant. Il y a un long cheminement de deuil à faire pour accepter cette nouvelle situation.
      Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, et pour les parents, mais je vous souhaite en tout cas de beaux moments avec lui... car il y en a toujours de jolis moments, de tendresse et d'amour...


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    2. Bien sûr qu'il y a de beaux moments passés avec lui, Ju'Lyn. Il n'est pas facile, mais il peut être aussi tellement adorable. De plus, j'ai une très bonne relation avec lui, depuis toujours d'ailleurs, même avant qu'il ne lui arrive cet accident de santé, cela n'a rien enlevé à la richesse de notre relation. :-)

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  5. Les enfants handicapés prennent énormément d'énergie, aussi je comprends que si Victime vous en prenait, elle aussi, vous deviez être épuisée en fin de journée.

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    1. L'épuisement en fin de journée, pas toujours...
      C'est surtout au quotidien, au fil du temps qui passe, l'énergie folle qu'on peut mettre pour essayer de faire en sorte que les choses puissent bouger, changer... et qu'au final... ça ne bouge pas toujours aussi vite que l'on aurait souhaité :-)

      Merci de comprendre :-)

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  6. "nul ne peut faire boire un âne qui n'a pas soif" ....
    (encore un dicton, désolé.... !! - private joke)

    On ne porte pas au secours d'une personne qui ne désire pas changer et a besoin du "confort" qu'apporte le fonctionnement victimal.
    C'est certainement un douloureux constat. Mais les faits sont têtus !
    J'ai mis des années à comprendre cela....
    Dans la vie professionnelle la présence de l'autre est imposée, mais la distance intérieure est possible.
    Ma question serait alors : Pourquoi vouloir "changer" cette personne ?
    Il existe parfois un paradoxe : Renoncer au désir de changer l'autre... le transforme....

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    1. Pourquoi vouloir changer une personne ?

      Je crois que là n'était pas du tout mon intention... Au fond de moi, je l'ai plutôt pris comme un défi de réussir à communiquer et être dans une relation plus saine...

      C'est plutôt moi que j'ai tenté de me changer (ou dirai-je plutôt de m'adapter à elle), dans ma relation avec elle... mais... rien n'y faisais, cela ne changeait pas ce qu'elle a pu provoquer comme violence en moi... quoique... le progrès a été que de la violence, j'ai pu passé à l'agacement.... avant la fin du boulot !

      Je te rejoins sur le fait qu'en effet, on ne peut pas aider une personne qui ne désire pas d'être aidée... Je ne dirai même pas de changer... car je n'ai pas cette prétention-là de pouvoir changer quelqu'un... Ce constat, je l'ai déjà faite... et cela peut en effet être plus douloureux quand il s'agit de la famille :-)

      Je n'ai pas eu le temps d'expérimenter la distance intérieure dans ce cadre-là...
      mais... j'aurai bien l'occasion de le faire dans le cadre familial ! =)



      PS : je crois que c'est toi qui n'es pas très points de suspension... J'ai cru l'avoir lu quelque part.
      Moi je le suis beaucoup. Je marque le temps de la réflexion.
      Avec moi tu n'y échapperas pas ^^




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  7. Victime et néanmoins bourreau parce que souvent c'est ce qui se passe. Certains sont trés forts à cet exercice !

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    1. C'est un jeu de va et vient entre victime et bourreau...
      Je suis victime de la bourreau-victime.... Je deviens bourreau de la victime...
      Au milieu tu rajoutes aussi le sauveur.... Un trio de choc dans une relation !!!
      Tu passes de l'un à l'autre en permanence...
      Mais qu'en tu en prends conscience, c'est plus facile de t'en échapper. =)

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