C’est de mon lieu de travail que je m'installe ici pour venir
poser ces quelques mots… Dans la projection de fermeture de notre service, il y
a de moins en moins d’enfants, puisque petit à petit nous trouvons des places
pour eux ailleurs.
La semaine passée a été d’une forte
intensité, aujourd’hui, malgré le fait que nous sommes au front avec ma collègue Flo, c’est
un sentiment de fatigue que je ressens… Ce weekend, il m’a été difficile de me
mobiliser, et un repos si ce n’est pas un weekend de long sommeil, a été
nécessaire pour pouvoir reprendre en ce début de semaine.
Nous avons ressenti beaucoup d’émotions…
Alors que le Directeur Général de notre « super association » nous a
déconseillées de prendre la parole lors de l’Assemblée Générale ce vendredi, nous y avons participé pour pouvoir porter nous-mêmes notre parole afin d’évoquer
la situation dans laquelle nous nous trouvons. Notre « super DG »
nous expliquait il y a quelques jours qu’il craignait que cette prise de parole
nous desserve… Mais qu’elle bonne intention Monsieur le Directeur Général !
Nous qui n’avons déjà plus rien à perdre !
Avant de prendre la parole, nous voyons tout
au long de la matinée défiler des films touchants, des témoignages du travail
accompli dans d’autres structures… Un vrai moment de gloire et de satisfaction
pour Monsieur le Président de la « Super association » !
Avec ma collègue, nous savions que notre
intervention allait venir casser cette super ambiance ! Car dans la
présentation des projets, dans l’évocation du travail investi par les « Super Grands » de
notre « Super association », à aucun moment ils n’ont évoqué la
fermeture de notre service… Bien que notre « super Directeur Général »
a bien dit qu’il en toucherait deux mots et qu’il n’était pas nécessaire que
nous prenions la parole…
« Une pensée pour les professionnels de « La
super structure » qui sont en difficultés et que nous accompagnons
personnellement. »
Monsieur le « Super Directeur Général »,
et à quel moment comptiez-vous parler en toute transparence ? A quel
moment comptiez-vous dire aux autres dans quelle merde nous sommes vraiment ?
Aviez-vous donc si peur que cette prise de parole nous desserve ou plutôt qu'elle déstabilise vos projets ?
Ok ! Nous avons ri jaune avec ma
collègue Flo ! Mais bon, chacun sa bataille et chacun défend ses intérêts…
C’est de bonne guerre ! Car dans tout cela, je vous l’accorde, nos
échanges ont toujours été corrects et respectueux. Notre bataille, nous la
menons dignement ! De votre côté même si vous nous sous-entendez le contraire, vous ne nous empêchez pas d’aller au combat.
Depuis cette « super Assemblée de notre
super association », je peux vous le dire ! Mon estomac en est encore
tout retourné. Je n’ai jamais pris la parole devant autant de monde, je n’ai
jamais eu à vivre ce genre d’expérience… Je n’ai jamais eu à pleurer avec une
collègue lors d’un discours… et à continuer d’exposer cette situation difficile
en versant des larmes, en tremblant d’émotion et de tristesse…
Dans tout cela, je retiendrai le regard
soutenant, rempli d’émotion et fier de notre chef de service. Le silence que
nous avons amené dans la salle. La voix de ma collègue, tremblante et douce qui
raconte, dit les choses avec professionnalisme. La complicité entre elle et moi
qui nous a permis de prendre ce courage-là pour dire ce que notre « Super
association » a tu. D’avoir ensemble osé parler avec nos tripes et touché
l’Assemblée qui s’est levée pour nous applaudir.
Monsieur le « super Directeur Général »,
vous savez que notre combat n’est pas encore terminé et que bon gré, mal gré
vous… vous ne pourrez pas nous refuser d’aller rencontrer les « supers
membres du Conseil d’Administration. »
Rendez-vous sur la dernière ligne du front…
Et quoiqu’il arrive… Simone Veil me porte
aujourd’hui… Elle qui a perdu la vie pendant que nous, nous étions debout, à
nous battre… Sa disparition ce jour-là a pris encore plus de sens pour moi…
« Je crois, toujours, que cela sert à
quelque chose de se battre. Et quoi qu’on dise, l’humanité, aujourd’hui, est
plus supportable qu’hier. »
« Les regrets que j’ai, c’est de ne pas
m’être battue assez sur tel ou tel sujet. »
Simone Veil.
Merci Madame Veil… nous savons pour quoi nous
nous battons, même si nous avons peu de chance d'obtenir ce que nous demandons… au moins nous savons
pourquoi nous le faisons…
Ju’
Eh oui ! Parait que cela fait désordre une prise de parole de salariés devant un directeur, même pas super, alors lors d'une assemblée générale ! Vous pensez ! Pourtant il en faut des courageux qui osent et s'ils étaient plus nombreux, ce sont les directeur même pas supers qui feraient désordre dans une assemblée de salariés ! Allez courage les filles ! Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent et les seules batailles perdues d'avance ce sont celles qu'on ne mène pas. Mais vous pourrez vous regarder dans une glace et sortirez grandies d'un tel combat. On apprend toujours quelque chose pour plus tard.
RépondreSupprimerTu es revenue de vacances ?!! :-) :-) :-)
Supprimer"Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent et les seules batailles perdues d'avance ce sont celles qu'on ne mène pas. Mais vous pourrez vous regarder dans une glace et sortirez grandies d'un tel combat. On apprend toujours quelque chose pour plus tard."
Je suis bien d'accord avec toi !
Merci Délia