Cela fait
déjà 4 semaines que notre « Super Directeur Général » nous a annoncé
que nous allons perdre notre emploi, que notre structure allait fermer. Depuis
4 semaines nous avons mis notre énergie pour tenter de sauver la structure
et de permettre de continuer à accompagner les enfants en situation de handicap et
leur famille.
Après
notre dernier coup auprès de la délégation du Conseil d’Administration, le vote
à l’unanimité pour la fermeture a statué sur notre devenir. Aujourd’hui, c’est
de mon canapé que je viens poser ces mots.
Le soleil
se tient fier dans le ciel, j’entends le chant des oiseaux, le roucoulement des
pigeons et mon chat court après les mouches. Tandis que moi, je décompresse de
ces journées où j’ai mobilisé toute mon énergie pour tenter avec ma super
collègue Flo de sauver ce qu’on pouvait sauver.
Nous
sommes, à notre hauteur, aller au bout de ce que l’on pouvait faire. Aujourd’hui,
ce sont les syndicats qui montent aux créneaux auprès des instances
décisionnaires pour jouer notre dernière carte. A vrai dire, pour être honnête,
je me sens fatiguée et l’espoir s’amincit de jour en jour. Si ce n’est que de
mon côté je n’en ai plus.
En dehors
de cette fatigue, je n’arrive pas pour le moment à discerner là où j’en suis.
Ce que je ressens. Tandis qu’hier encore, en analyse de la pratique, j’étais
sereine avec ce qui se passait. Je disais encore hier que j’avais l’impression
en 5 ans d’exercice dans l’association, d’avoir tout vécu.
L’ouverture
d’une structure avec de nouveaux collègues. La réflexion autour d’un projet de
base. La découverte dans l’accompagnement auprès des enfants autistes et le
lien de confiance crée avec les familles.
J’ai connu des équipes au sein de cette équipe, où j’ai vu passé du monde, des collègues que j’ai accueillis, à qui j’ai dit au revoir, des stagiaires que j’ai accompagnés.
J’ai connu des jolis moments de victoires, de succès, de fierté pour les enfants qui progressent, d’émerveillement pour ce travail. Mais aussi le fait de combattre pour le CDI d’une collègue qui terminait son CAE, emploi si précaire.
J’ai connu aussi après 10 ans de pratique, les plus merveilleuses des relations professionnelles avec ma chef de service, ma collègue Nath mais alors surtout avec ma collègue Flo. Nous étions si bien accordées qu’ensemble nous avons pu donner le meilleur de nous-mêmes pour accompagner ces enfants. D’une idée émerge d’autres idées, et ensemble nous avons créé. Nos désaccords n’étaient jamais des conflits d’égo, mais des discussions autour de l’accompagnement bienveillant. Nous n’avons pas peur d’essayer, d’oser, d’y aller. Mais surtout, nous n’avons jamais cessé de croire que les choses ne bougent, les enfants ne progressent, que si nous osons proposer, créer, nous animer pour eux. Cette relation a mis la barre très haute pour mes prochains postes.
J’ai aussi connu, la collègue relou, pas du tout dans la même mouvance de l’équipe, individualiste, si ce n’est pas égoïste et opportuniste… celle qui prend la place de victime et nous transforme en bourreau, celle qui prend la place de bouc émissaire, et qui nous choque dans sa manière d’être avec les enfants. Celle auprès de qui tu vis des périodes où tu as envie de la soutenir pour qu’elle avance et d’autres où tu as juste envie qu’elle ne soit plus là. Et que nos mouvements internes amour-haine envers elle puissent enfin cesser.
J’ai connu aussi des moments de difficulté, des larmes que j’ai versées, l’envie de ne pas abandonner des enfants qu’on laisserait trop vite sur le bas-côté.
J’ai connu des équipes au sein de cette équipe, où j’ai vu passé du monde, des collègues que j’ai accueillis, à qui j’ai dit au revoir, des stagiaires que j’ai accompagnés.
J’ai connu des jolis moments de victoires, de succès, de fierté pour les enfants qui progressent, d’émerveillement pour ce travail. Mais aussi le fait de combattre pour le CDI d’une collègue qui terminait son CAE, emploi si précaire.
J’ai connu aussi après 10 ans de pratique, les plus merveilleuses des relations professionnelles avec ma chef de service, ma collègue Nath mais alors surtout avec ma collègue Flo. Nous étions si bien accordées qu’ensemble nous avons pu donner le meilleur de nous-mêmes pour accompagner ces enfants. D’une idée émerge d’autres idées, et ensemble nous avons créé. Nos désaccords n’étaient jamais des conflits d’égo, mais des discussions autour de l’accompagnement bienveillant. Nous n’avons pas peur d’essayer, d’oser, d’y aller. Mais surtout, nous n’avons jamais cessé de croire que les choses ne bougent, les enfants ne progressent, que si nous osons proposer, créer, nous animer pour eux. Cette relation a mis la barre très haute pour mes prochains postes.
J’ai aussi connu, la collègue relou, pas du tout dans la même mouvance de l’équipe, individualiste, si ce n’est pas égoïste et opportuniste… celle qui prend la place de victime et nous transforme en bourreau, celle qui prend la place de bouc émissaire, et qui nous choque dans sa manière d’être avec les enfants. Celle auprès de qui tu vis des périodes où tu as envie de la soutenir pour qu’elle avance et d’autres où tu as juste envie qu’elle ne soit plus là. Et que nos mouvements internes amour-haine envers elle puissent enfin cesser.
J’ai connu aussi des moments de difficulté, des larmes que j’ai versées, l’envie de ne pas abandonner des enfants qu’on laisserait trop vite sur le bas-côté.
Et puis l’annonce
de la fermeture du service, le combat, les rencontres que l’on fait, les
alliances avec les représentants du personnel, le partage avec les autres
salariés de l’association. J’ai l’impression d’avoir vécu en si peu de temps
tout ce qu’il y avait à vivre. Je le vois vraiment comme une riche et une belle
expérience. Malgré la tristesse et la déception que je ressens face au fait qu’une
si belle équipe qui fonctionne quand même bien ensemble soit dissoute, qu’un
projet innovant a été si mal géré par notre association qui reconnaît ses
responsabilités, je suis heureuse d’avoir vécu tout cela. Je suis fière et
heureuse d’avoir fait de si jolies rencontres, d’avoir combattu avec dignité,
de l’avoir expérimenté avec l’envie d’allier que de délier…
Il reste désormais à venir... les négociations de départ... un autre combat...
Je ne
sais pas pour le moment, si je retournerai dans le médico-social… j’ai à faire
le deuil d’une si belle équipe, d’un si beau projet… c’est la suite, les
retombés qui peuvent être difficiles désormais…
J’ai bien
d’autres projets en tête, d’autres choses à aller accomplir… mais… il me faut
un peu de temps… Je suis pour le moment vidée.
Ju’, de son canapé
Un besoin narcissique de garder trace des mots de notre DP, reçus à peine cet article écrit...
Chères
collègues,
Je vous dis toute mon admiration pour le grand professionnalisme qui est le vôtre et qui a été entendu par la façon dont vous avez porté votre parole, en Assemblée Générale, au Conseil d'Administration.
De ma
place de Délégué du Personnel, j'aurais bien évidemment souhaité que nous aboutissions. Mais vous
êtes avant-gardistes.
Je
retiens surtout qu'il y a beaucoup de créativité en chacune de vous.
Même si des périodes difficiles s'annoncent (faire le deuil de son travail, de son équipe n'est jamais facile), je sais que vous rebondirez car vous avez une force hors du commun. Vous avez su la bâtir ensemble dans votre équipe pour être au plus près des enfants et des familles. Vous avez su construire une équipe solide ce qui a permis que toutes les représentations du personnel soient à la hauteur de vos convictions professionnelles.
Même si des périodes difficiles s'annoncent (faire le deuil de son travail, de son équipe n'est jamais facile), je sais que vous rebondirez car vous avez une force hors du commun. Vous avez su la bâtir ensemble dans votre équipe pour être au plus près des enfants et des familles. Vous avez su construire une équipe solide ce qui a permis que toutes les représentations du personnel soient à la hauteur de vos convictions professionnelles.
Je
retiens cet après-midi-là au « Super service » avec D., délégué syndical comme un grand
moment de ma vie professionnelle. Et je vous en remercie.
Et vous saurez recréer avec d'autres car ce que vous avez appris au « Super service » aussi bien auprès des enfants que dans le tourbillon institutionnel dans lequel vous vous êtes retrouvées, a fait naître en vous du désir qui doit continuer à vous animer dans un ailleurs !
Et vous saurez recréer avec d'autres car ce que vous avez appris au « Super service » aussi bien auprès des enfants que dans le tourbillon institutionnel dans lequel vous vous êtes retrouvées, a fait naître en vous du désir qui doit continuer à vous animer dans un ailleurs !
Alors bravo et courage à chacune de vous.
Je reste
à votre disposition.
M.
Flo, de son canapé, à mangé une glace et retenu ses larmes
RépondreSupprimerUn dernier effort de rédaction, juste un et puis voilà....
Et puis...
L'envie de dire...
Ju'...
Et si...
Cette dernière lettre...
Allait..
Aussi...
Vers...
Caro !!!!!!!!!!!!!!!!!
Flo' ! rien qu'en lisant ton commentaire, les larmes me montent aux yeux ! Je t'imagine bien !
SupprimerComme hier... T'as pleuré ? non. Si t'as pleuré... et ton sourire derrière... Mon coeur est en larme aussi... mais je te sais, je nous sais capables d'accueillir tout cela !
Flo... et Ju'.... jusqu'au bout du bout !
Alors oui pour Caro ! J'en suis !
Mon expérience à moi me dit que vous rebondirez quoi qu'il arrive. Vous venez de vivre une belle histoire qui laisse traces et forces pour la suite. Le combat est loin d'être fini la route est encore longue. Négociez bien les conditions de votre départ et pas en dessous du code du travail. N'attendez pas trop car il y en a qui vont se charger de tout reconsidérer les choses sans tarder et pas à votre avantage ! allez courage et vent debout !
SupprimerJ'ose croire et avoir encore un peu de naïveté quant à l'humanité de nos supérieurs...
SupprimerJ'ose le croire... Je veux le croire !
Mais on ne se laissera pas entuber.
Je te laisse croire alors.
RépondreSupprimerJe remonte le fil des billets, et je comprends mieux votre histoire, Ju'Lyn, et votre déception aussi.
RépondreSupprimerSuivre une histoire à l'envers... c'est comme ouvrir un livre par la fin... Vous l'avez pris en cours de route plutôt, et ça me fait plaisir de vous voir ici.
SupprimerMerci pour votre lecture... pour vos commentaires, vous n'y étiez pas obligée (je fais référence à Alter Ego, et les échanges qu'il y a pu avoir dans vos échanges que j'ai trouvé par ailleurs fort intéressants !).
Douce soirée à vous !
Je ne me suis pas du tout sentie obligée, Ju'Lyn, j'ai un réel plaisir à vous lire et à commenter lorsque le billet me parle. :-)
SupprimerUne douce soirée à vous aussi.