"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


“ L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. ” Jean Rouaud

“ L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain. ” Philippe Claudel

8 juillet 2017

L'orage, la danse et la pluie - Sénèque





« La vie ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. »
                                                                                             Sénèque



Il me revient cette citation de Sénèque que je prône un peu partout dès que je le peux. Cette citation qui longtemps a représenté un peu la vie que j’ai menée ces dernières années…

J’entends murmurer quelques réactions, que j’avais déjà pu recevoir lorsque parfois j’étais confrontée à de petits obstacles ou difficultés dans ma vie.

« Bah alors, et la danse sous la pluie ?? »

J’ai choisi l’écriture extime, donc de mettre cette part de mon intimité sur la scène. Les mots que je dépose n’est qu’un état de mon être intérieur sur un instantanée. Cela ne dure pas… Il y a des moments où je vais bien, et d’autres où ça retombe. Je continue à rire, je continue à danser, sur un rythme plus lent, avec un tempo plus saccadé. Mais je m'autorise à rire comme je m'autorise à pleurer. Je ne voudrais pas laisser croire aux gens qui me lisent que je suis entrée dans une grosse déprime. Seulement, j’ai des coups de blues, le cafard, une grosse peine mais je commence à m’y faire. Voilà déjà trois jours que je ne vais plus au travail. 

Le premier jour, j'ai ressenti un sentiment d'étrangeté. Être en congés exceptionnels mais ne pas pouvoir en profiter. Avoir l’impression que le monde tourne un peu à l’envers, que les choses ne sont pas à leur place… comme un sentiment de sidération. Avoir l’impression qu’émotionnellement, il y a un tourbillon, cela ne se pose pas. Ressentir beaucoup de tristesse et avoir les vannes ouvertes qui déversent des litres de larmes. Avoir l’impression que tu ne vas pas réussir à survivre ainsi jusqu’à mercredi prochain (premier entretien avec la personne des Ressources Humaines). Appeler à l’aide auprès de la famille. Avoir le téléphone qui sonne toute la soirée. Déverser, pleurer, se vider.

Deuxième jour… aller au bord de l’eau avec quelques collègues… se retrouver ensemble et ressentir que pour une fois l’envie de rire n’est pas là. On rit quand même, mais il y a ce goût amer si présent. Cela fait du bien d’être ensemble… et en même temps il y a ce cafard qui nous accompagne tout au long de la journée, qui fait qu’aucune de nous n’avons le pouvoir de nous sortir de cette torpeur.
Mais leur présence est déjà un doux réconfort.

Aujourd’hui… troisième jour… c’est le weekend, je ne suis pas censée être au travail… c’est comme une parenthèse. Je repars sur mes habitudes du quotidien… J’écoute des conférences, je cherche des articles intéressants à lire, je me permets de rêver un peu, je refais un peu d’humour auprès de mes collègues. Je souris, je m’anime, je me fais du bien, je fais une sieste, j’écoute de la musique, je chante. Et puis, vu qu’il fait 36° à l’ombre… j’observe mon chat. Je m’autorise à l’imiter. Je m’allonge sur mon carrelage et je médite en l’observant. Je ne me sens pas trop mal aujourd’hui. Elle aussi m’observe, elle ne capte pas trop ce que je fais là… Elle me regarde d’un air interrogateur.


« Mais tu ne te prépares pas ? Tu n’es jamais autant à la maison, attention à ce que je ne m’habitue pas. »
 
T’inquiète pas ma minette va ! Je te raconte suffisamment ces derniers jours que notre vie va changer… On fera un petit tour à Paris… Tu resteras chez une amie… Le temps que je rebondisse, que je retrouve du travail et un appartement. Je ne t’abandonne pas. Je ne veux pas prendre le risque de te trimballer partout tant que je ne serai pas posée. Je veux t’éviter du stress. Tu vas me manquer, une autre petite déchirure que de te confier à quelqu’un d’autre aussi longtemps. Je le fais pour toi, si cela ne tenait qu’à moi, je te garderais auprès de moi… Mais je sais qu’on va s’y faire ! Et puis ! Petite ingrate ! Je le vois bien déjà lorsque je viendrai te rendre visite, tu vas faire avec moi comme tu fais aux inconnus qui rentrent chez nous. Tu vas te frotter à moi, tu vas me sniffer et tu vas m’observer puis tu vas retourner faire ta vie de pacha va !

L’être humain est capable de s’adapter aux différentes situations qu’il a à vivre.  Cela ne signifie pas que cela est toujours facile. Mais voilà ce que cela signifie pour moi de continuer à danser sous la pluie.
La pluie tu es en même temps mes larmes, mon adversité, l’initiation d’une leçon de vie, tu testes ma combativité, ce n’est pas parce que je pleure que je ne combats pas. J’ose même les deux… montrer mes moments de faiblesse tout en sublimant la force de mon être.

Alors oui, je sais que cette citation de Sénèque me va toujours bien… même si par moment, la pulsion de mort est plus prégnante que la pulsion de vie… Ils s’affrontent bien en ce moment. Mais, la danse prendra le dessus sur l’orage...


Aujourd’hui, la pluie est fine…
Et demain est un autre jour.

                                                                                                   Ju’

2 commentaires:

  1. Je ne connais pas votre histoire, je ne peux donc guère intervenir, mais je peux juste vous dire que tout est impermanence, ne jamais l'oublier, et le soleil reviendra obligatoirement illuminer votre vie, Ju'Lyn.

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  2. Ce qui peut être tout aussi rassurant qu'inquiétant :-)

    L'essentiel c'est de savoir comment est-ce que nous posons notre regard sur ce que nous sommes en train de vivre...

    Alors oui, dans ce sens là, j'aime l'idée de l'impermanence :-) :-)

    Merci Françoise.

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