« La vie ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre
à danser sous la pluie. »
Sénèque
Il me revient cette citation de Sénèque que je prône un peu partout
dès que je le peux. Cette citation qui longtemps a représenté un peu la vie que
j’ai menée ces dernières années…
J’entends murmurer
quelques réactions, que j’avais déjà pu recevoir lorsque parfois j’étais
confrontée à de petits obstacles ou difficultés dans ma vie.
« Bah alors, et la danse sous la pluie ?? »
J’ai choisi l’écriture
extime, donc de mettre cette part de mon intimité sur la scène. Les mots que je
dépose n’est qu’un état de mon être intérieur sur un instantanée. Cela ne
dure pas… Il y a des moments où je vais bien, et d’autres où ça retombe. Je
continue à rire, je continue à danser, sur un rythme plus lent, avec un tempo
plus saccadé. Mais je m'autorise à rire comme je m'autorise à pleurer. Je ne voudrais
pas laisser croire aux gens qui me lisent que je suis entrée dans une grosse
déprime. Seulement, j’ai des coups de blues, le cafard, une grosse peine mais
je commence à m’y faire. Voilà déjà trois jours que je ne vais plus au travail.
Le premier jour, j'ai ressenti un sentiment d'étrangeté. Être en congés exceptionnels mais ne pas pouvoir en profiter. Avoir
l’impression que le monde tourne un peu à l’envers, que les choses ne sont pas
à leur place… comme un sentiment de sidération. Avoir l’impression qu’émotionnellement,
il y a un tourbillon, cela ne se pose pas. Ressentir beaucoup de tristesse et
avoir les vannes ouvertes qui déversent des litres de larmes. Avoir l’impression
que tu ne vas pas réussir à survivre ainsi jusqu’à mercredi prochain (premier
entretien avec la personne des Ressources Humaines). Appeler à l’aide auprès de
la famille. Avoir le téléphone qui sonne toute la soirée. Déverser, pleurer, se
vider.
Deuxième jour… aller
au bord de l’eau avec quelques collègues… se retrouver ensemble et ressentir
que pour une fois l’envie de rire n’est pas là. On rit quand même, mais il y a
ce goût amer si présent. Cela fait du bien d’être ensemble… et en même temps il
y a ce cafard qui nous accompagne tout au long de la journée, qui fait qu’aucune
de nous n’avons le pouvoir de nous sortir de cette torpeur.
Mais leur présence
est déjà un doux réconfort.
Aujourd’hui…
troisième jour… c’est le weekend, je ne suis pas censée être au travail… c’est
comme une parenthèse. Je repars sur mes habitudes du quotidien… J’écoute des
conférences, je cherche des articles intéressants à lire, je me permets de
rêver un peu, je refais un peu d’humour auprès de mes collègues. Je souris, je
m’anime, je me fais du bien, je fais une sieste, j’écoute de la musique, je
chante. Et puis, vu qu’il fait 36° à l’ombre… j’observe mon chat. Je m’autorise
à l’imiter. Je m’allonge sur mon carrelage et je médite en l’observant. Je ne
me sens pas trop mal aujourd’hui. Elle aussi m’observe, elle ne capte pas trop ce que je
fais là… Elle me regarde d’un air interrogateur.
« Mais tu ne te
prépares pas ? Tu n’es jamais autant à la maison, attention à ce que je ne
m’habitue pas. »
T’inquiète pas ma
minette va ! Je te raconte suffisamment ces derniers jours que notre vie
va changer… On fera un petit tour à Paris… Tu resteras chez une amie… Le temps
que je rebondisse, que je retrouve du travail et un appartement. Je ne t’abandonne
pas. Je ne veux pas prendre le risque de te trimballer partout tant que je ne
serai pas posée. Je veux t’éviter du stress. Tu vas me manquer, une autre
petite déchirure que de te confier à quelqu’un d’autre aussi longtemps. Je le
fais pour toi, si cela ne tenait qu’à moi, je te garderais auprès de moi… Mais je sais qu’on va s’y faire ! Et
puis ! Petite ingrate ! Je le vois bien déjà lorsque je viendrai te
rendre visite, tu vas faire avec moi comme tu fais aux inconnus qui rentrent chez
nous. Tu vas te frotter à moi, tu vas me sniffer et tu vas m’observer puis tu
vas retourner faire ta vie de pacha va !
L’être humain est
capable de s’adapter aux différentes situations qu’il a à vivre. Cela ne signifie pas que cela est toujours
facile. Mais voilà ce que cela signifie pour moi de continuer à danser sous la
pluie.
La pluie tu es en
même temps mes larmes, mon adversité, l’initiation d’une leçon de vie, tu
testes ma combativité, ce n’est pas parce que je pleure que je ne combats pas.
J’ose même les deux… montrer mes moments de faiblesse tout en sublimant la
force de mon être.
Alors oui, je sais
que cette citation de Sénèque me va toujours bien… même si par moment, la
pulsion de mort est plus prégnante que la pulsion de vie… Ils s’affrontent bien
en ce moment. Mais, la danse prendra le dessus sur l’orage...
Aujourd’hui, la
pluie est fine…
Et demain est un
autre jour.
Ju’
Je ne connais pas votre histoire, je ne peux donc guère intervenir, mais je peux juste vous dire que tout est impermanence, ne jamais l'oublier, et le soleil reviendra obligatoirement illuminer votre vie, Ju'Lyn.
RépondreSupprimerCe qui peut être tout aussi rassurant qu'inquiétant :-)
RépondreSupprimerL'essentiel c'est de savoir comment est-ce que nous posons notre regard sur ce que nous sommes en train de vivre...
Alors oui, dans ce sens là, j'aime l'idée de l'impermanence :-) :-)
Merci Françoise.