Parce que, en cet instant, un brin de nostalgie vient caresser mes souvenirs... Et je repense à ces familles que j'ai eu la chance de rencontrer, d'accompagner, de soutenir juste en me tenant à leurs côtés...
Je repense alors à ce parcours du combattant, que beaucoup de familles vivent pour avoir une place en institution, en plus du deuil de l'enfant imaginaire pour cet enfant réel... handicapé, dont l'autonomie est amoindrie, dont la déficience intellectuelle est lourde...
J'ai souvent été touchée par la force qui émanait de ces parents, dans leur cheminement, leur combat, leur faiblesse, leur fatigue... et je repense à ce texte que j'ai écris pour Kaléïdoplumes, en m'inspirant d'eux...
Répondez à la question :
" Qu’y a-t-il de beau en cela ? "
Avec cette phrase à insérer dans votre texte:
"Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime."
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Avec ton visage difforme au regard si souvent délié, tu frappes et cries puis tu pinces et griffes. Assise au sol, sans cesse à rompre ces objets contre ton menton, je suis plantée là à te regarder faire et tous ces mots que je ne peux dire traversent mon corps de femme.
Je ne m’attendais pas à toi. Tu es arrivée sans même prévenir et éveilles en moi une émanation de sentiments contraires. Oh mais que peux-tu donc provoquer d’autre chez moi ?
Je ne m’attendais pas à toi. Tu es arrivée sans même prévenir et éveilles en moi une émanation de sentiments contraires. Oh mais que peux-tu donc provoquer d’autre chez moi ?
Je ne savais pas quoi faire de toi… J’étais si jeune… Je ne suis pas ta mère, tu ne peux pas être ma fille. Et sur ce lit froid, je t’ai si souvent laissé pleurer sans sourciller. Je ne pouvais pas t’entendre car je ne n’arrivais même pas à te pleurer. Je ne peux pas m’identifier à toi, tu ne pourras jamais t’identifier à moi. Tu n’es pas celle que j’attendais… Je ne voulais pas de toi. Mais pourtant tu es là avec ce corps qui est le tien… avec notre vide et tous nos riens. Puis la pitié des autres se transforme en absence, les amitiés glissent vers le silence. Je suis seule avec toi à soutenir nos échanges, à tenter de comprendre ces goûts de rance.
« Qu’y a-t-il de beau en cela ? »
Sur le fil on se tient et tu maintiens dans tes gestes le peu de vie qu’il me reste. Puis le temps se remet en route lorsque mes doutes laissent place chaque jour à des grains d’amour que tu m’offres dans l’étreinte de tes sourires, dans l’apothéose de nos rires. De la rage au partage, les écueils que l’on cueille se transforment en tendresse et d’une douce caresse dans tes cheveux que je tresse, tu deviens Vie, je deviens Mère, oh sais-tu comme tu m’es chère ?
Ma tendre enfant, j’aime à penser que malgré nos colères, quand ta voix chantonne quelques airs, une idée désormais se dépose à l’orée de nos matins, à la floraison de nos lendemains « que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime » dans nos deux cœurs qui enfin s’animent.
Ju'
Dans le milieu professionnel, on fait de très belles rencontres, et le tien en fut pavé. Je me souviens de ce texte que tu, avais posté sur Kalé, en effet. Douloureux, profond et plein d'humanité, de dignité. Il faisait réfléchir sur la perception que chacun peut avoir de l'autre et sur le respect qui lui est du. C'est grâce à des gens comme toi que le monde évolue dans le bon sens.
RépondreSupprimerMa Délia, excuses-moi pour le temps que j'ai pris pour te répondre.
RépondreSupprimerExcuses-moi également pour ma présence un peu plus lointaine ces derniers temps. On ne peut s'occuper de "ses loisirs" que lorsque les choses importants sont posées, ou du moins clarifiées.
Ces derniers jours n'ont pas été faciles.
Merci pour tes mots, j'aime croire en tout cas que nous pouvons évoluer et pourquoi pas changer les choses. :-)
Pour cela, il est nécessaire de toujours commencer par soi-même.
T'embrasse !