"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


“ L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. ” Jean Rouaud

“ L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain. ” Philippe Claudel

17 octobre 2017

Combat et spiritualité




Et bien voilà, ça y est ! Je suis enfin de retour chez moi ! Je ne sais pas trop bien quoi dire. A vrai dire, je ressens la nécessité de faire le point, sans me sentir en mesure de le faire. 

Parce que ces trois semaines à combattre avec mon équipe n'ont pas abouti à ce que nous espérions. Beaucoup de colère, de tristesse, de déception et autant de larmes versées...  
La procédure du licenciement économique est bien entamée. D'ici deux semaines, je serai considérée comme chômeuse. Bien que, cela fait déjà deux mois et demi que je ne travaille plus. 




J'ai passé ces trois semaines chez ma collègue Flo (pour rappel : Âme-sœur)... entre stress, préparation des différentes manifestations, fédérer l'équipe, se mettre en contact avec toutes personnes susceptibles de nous aider, la constitution du dossier pour Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé, les coupures de presses...


Mais pour la survie psychique, nous avons fait quelques balades, méditations, activités avec ses enfants, développer notre côté créatif (piano, dessins, couture...). S'imposer des temps pour se reconnecter, revenir dans le présent, pour ne pas se laisser bouffer par l'aspect chronophage qu'impose le combat.

Ces trois semaines sont passées à une allure folle... et en même temps... nous avons été traversées par tant d'émotions...



Est-ce fini ? Cela m'a tout l'air... Le dossier pour la Ministre a été envoyé, les copies aux autres instances ont été envoyées... Il ne me reste plus qu'à écrire cette lettre ouverte aux gestionnaires de l'association.... et je passe à autre chose. 
Si je ne le fais pas... J'aurai encore plus mal à mon humanité. Je ne le fais pas pour l'appât du gain, je ne le fais pas pour gagner quelque chose... Je le fais pour mes valeurs, pour montrer aux salariés de l’association comment nous avons été traitées... Pour que nous ne partions pas sans que les choses soient dites et sues. Pour poser nos petites bombes là où on le peut encore... sans être tenue par l'espoir de gagner... 

Nous étions 6 salariées... minables... qui ne pèsent pas lourd... et nous avons fait ce que nous avons pu pour faire du bruit... Nous ne pouvions plus rien faire de plus... Si ce n'est d'attendre le retour des petites bombes posées à l'Agence Régionale de Santé et à la Ministre de la Santé !

Je suis lessivée. Vidée. 

Dans deux semaines, j'entame mes concours d'entrée en école d'éducateur de jeunes enfants, mais l'énergie pompée par ce combat ne me permet pas ce jour de me sentir présente pour mes projets... 
Encore besoin d'un temps de transition... Pour m'imprégner de ma réalité... Sortir de cette parenthèse dans laquelle j'étais... Revenir à mes priorités... retrouver l'énergie vibratoire qui m'anime... 
Je n'en suis pas encore là... 
J'ose croire de toute façon, que ce combat m'a forgée... J'en ressors grandit... et même si je ne me sens pas prête à aller passer mes concours... Ce que j'ai vécu dernièrement m'y a préparée, je n'en ai aucun doute !

Tout ce que j'ai mené de front avec ma collègue Flo a été une difficile mais riche expérience. Et même si nous n'avons pas obtenue ce que nous voulions, j'ai retiré un grand enseignement de ce combat...






De l'enseignement dans ce que j'aime le plus... L'humanité ordinaire... car parmi les ruines poussent aussi des fleurs... Les personnes rencontrées, les personnes qui nous ont tendu la main, les personnes qui nous ont soufflé des idées...  La manière dont les délégués syndicaux nous ont épaulées, les déléguées du personnel aussi...

Ces rencontres, ces rires, ces colères partagés, ces mots d'encouragement qui font du bien  et qui poussent encore plus loin ! Même si de moins en moins de monde sont en mesure de se mobiliser, ceux qui étaient là.... nous ont donné de la chaleur humaine !

La manière dont on se soutient, s'entraide avec Flo. Notre capacité à rester ouverte, à tenter de ne jamais rompre le lien avec l'équipe,  à faire de notre mieux pour rester empathique alors que la situation parfois peut provoquer tout l'inverse.


J'ai découvert aussi un autre pan de ma personnalité : combative, tenace, un peu leader quand même... J'ai gagné en satisfaction, en confiance en moi, en estime, à me battre pour la dignité humaine et non pour l'argent... Je suis fière d'être révoltée, indignée, tout en étant spirituelle et prendre la vie comme elle vient...

J'ai appris dans ma quête de la paix, de la sérénité, qu'il ne s'agissait pas de se dépouiller de tout, ni de faire abstraction de tout au point de ne plus se sentir concernée par rien. Mais d'être en paix et sereine avec la personne que je suis, agir en fonction de mes valeurs, et contribuer à une cause qui en vaut la peine.
Être en paix... C'est aussi agir pour ne jamais regretter ! Être dans la spiritualité, ce n'est pas faire comme si rien ne m'atteignait. Lâcher prise, ce n'est pas faire comme si cela n'était pas important... Mais c'est de pouvoir accueillir et accepter les choses telles qu'elles sont et agir en conséquence. Puis en faire une analyse en posant un regard positif dessus.




La vie reste belle ! La vie est abondance ! La vie est amour ! 



Ju'          



10 commentaires:

  1. J'aime ta façon de réagir et de raisonner, Ju'Lyn !
    Et je te rejoins dans tes mots : Oui, la vie est belle, la vie est abondance, la vie est amour ! :-)
    Bonne soirée. Je t'embrasse.

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  2. Françoise,
    N'es-tu donc pas encore mode vacances ?

    Merci pour ta lecture.
    T'embrasse également !

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    1. Je suis en mode pré-vacances. Les vraies vacances, vacances qui seront bien occupées par les petits, ne débuteront qu'en début de semaine prochaine. Et puis, vacances ou pas, je trouve toujours un petit peu de temps pour venir lire et rendre visite à mes amies blogueuses (sourire).
      Belle fin de journée, bisous.

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  3. La véritable révolte n'est pas un combat guerrier.
    La combattante pour plus d'humanité que tu es, se trouve être en même temps une femme de paix et de spiritualité. Ce qui fait un personnalité singulière, fruit de toute une histoire et d'une expérience analysée.
    Je suis toujours admiratif de la puissance de vie qui t'anime.

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    1. J'entends là la psychologue en analyse de la pratique nous reparler du sens du combat que l'on mène pour une cause juste.
      En effet, ce n'est pas un combat de guerrier, puisque ce n'est pas une guerre que l'on mène...
      C'est un combat pour la dignité avant tout.

      Cela me refait penser au message que je t'ai laissé dernièrement sur les Zhandis !

      Parce que c'est mon combat, ma mission de vie je crois bien. Celui d'offrir, par mes actes, mon regard, plus de dignité aux personnes qui de par leur situation sont parfois confronter aux regards des autres, ces regards qui parfois annulent la personne qu'ils sont au regard de leur différence.

      Je ne sais pas non plus si je suis animée par la puissance de vie, comme tu peux le ressentir, mais du moins, je suis animée par le sens que l'on donne à la vie. C'est ce sens là qui peut me faire vibrer.

      Nous avons tous, à notre manière, une personnalité singulière. C'est certainement avec nos failles et nos souffrances transformées que nous sommes en capacité de partir au combat. Du moins, c'est ainsi que je le vis par le biais de ma propre expérience, mais également par celle que je constate chez les autres, et notamment chez toi aussi :-)

      T'embrasse !
      July







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    2. C'est certainement avec nos failles et nos souffrances transformées que nous sommes en capacité de partir au combat.
      Je suis tout à fait d'accord avec cette phrase, qui nous correspond, toi et moi.

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  4. Dans le monde syndical et professionnel, on appelle cela lutter. La lutte pour la dignité, souvent, tout simplement. Cela s'appelle aussi, exister. Comme tu es une battante, tu ne pouvais que mener ce combat là. Et tu l'as vu, rien n'est jamais simple, ni jamais acquis. C'est pour cela que ce combat là est constant, éternel, enfin tant qu'il y aura une humanité quelque part. Victor Hugo le disait : ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent.

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    1. Et je ne me suis jamais sentie aussi vivante que sur ces mois de lutte autant je ne me suis jamais sentie (ou presque) aussi dénigrée.

      Autant je n'ai jamais eu tant confiance en moi, autant, j'ai perdu sur un autre point confiance en moi... C'est drôle... de voir à quel point tout à coup, quand il s'agit de repenser à ses compétences dans le milieu professionnel, d'avoir cette impression d'en avoir plus aucune... à cause d'un licenciement économique ?

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    2. Le licenciement, le redéploiement, la fermeture d'un service, d'une entreprise a ses effets là, oui, je crois. Négation de ce qu'on a fait, négation de ce qu'on représente en tant que producteur d'un bien ou d'un service, en tant qu'humain à qui on dit du jour au lendemain "casse toi j'ai plus besoin de toi" et puis tout ce qui va avec : les moyens de subsister, mais aussi sa propre valeur au regard de ce qu'on est, à été, de ce qu'on reconnait de nous. Oui, cela crée des troubles, non cela n'est pas confortable, oui c'est comme un deuil et s'en est un. Oui ça met le doute et oui, c'est destructeur. Tu sais que ce n'est pas de ta faute, mais tu culpabilise. Le système est pervers. Et puis, il y a tous les autres autour, popole qui te dit "mais vous êtes sûre que vous avez bien cherché ? " avec un regard suspicieux. Les recruteurs qui te disent, "vous êtes sûre d'être faite pour ce poste ?" l'entourage qui ne dit pas mais qui aimerait bien que tout rentre dans l'ordre, et qui fait percevoir(même inconsciemment) une certaine pression. Non le confort n'est pas d'être chômeur et il n'y a que les hommes du président pour voir en eux des vacanciers en partance pour les Bahamas avec leurs supers indemnités !
      Tu ne t'es jamais sentie aussi dénigrée, dis tu ? que durant cette période de lutte, c'est possible, ça les auraient bien arrangé s'ils avaient pu casser votre résistance et votre solidarité ! alors ils ont lancé leurs chiens, ils ont aboyé eux mêmes. Mais ils ne vous ont pas mis à genoux, ensemble vous avez su rester debout. C'est une grande et belle chose que la lutte qu'on est capable de mener, même si elle n'est pas victorieuse. Il faut savoir que cela aurait été pire si elle n'avait pas été menée. Je vous salue, je salue votre courage et votre détermination.

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  5. Comme le dit Alainx, je suis persuadée aussi que ce sont nos failles et nos souffrances qui nous insufflent nos forces pour repartir au combat.

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