"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d'autre." Paul Eluard


“ L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. ” Jean Rouaud

“ L’écriture est à la fois une façon d’être dans l’humanité et au plus près de l’humain. ” Philippe Claudel

samedi 11 mai 2019

Aspergirl... ?












Cela fait des heures que j'écoute ce texte... et je me dis houlalala...

Je me reconnais trop dedans... bien que ma recherche intérieure et spirituelle m'ont permise d'avancer.
Mais... Je me reconnais trop dedans...

mardi 7 mai 2019

Formation EJE - Introduction



Pendant plusieurs mois, je me suis interrogée sur le sens d'écrire ce que je traverse dans ma formation d’Éducateur de Jeunes Enfants, cursus à double validation avec la licence Sciences Sanitaires et Sociales. 

Je vais terminer dans moins de deux mois ma première année, et il s'en est passé des choses dans mon for intérieur.

Tout d'abord, pour repréciser le cadre de ce choix de formation, il est arrivé suite à mon licenciement économique. Jamais de ma vie je n'avais en projet d'effectuer cette formation. A vrai dire, je ne connaissais pas du tout le programme de cette formation, ni n'était en contact avec le monde de la petite enfance avant d'avoir mis le pied dans les centres de formation pour passer mes concours d'entrée.

Ce choix s'est donc fait alors que j'étais en train de vivre mon licenciement économique. Je travaillais depuis plus de 10 ans auprès de personnes en situation de handicap, et j'aimais réellement ce travail. Mais bizarrement, avant même que je le conscientise, une intuition m'a poussée à m'inscrire à cette formation. J'ai donc suivi cette petite voix en moi et j'y suis allée sans trop me poser de questions existentielles. 

Aujourd'hui, il m'est possible de mettre du sens à ce choix. J'ai toujours eu l'intime conviction que la pratique auprès des enfants en situation de handicap pourrait servir dans la petit enfance sans réellement pouvoir l'expliciter.


Le jouet réel outils de médiation, outils éducatifs et pédagogiques, je m'en servais au quotidien. Aujourd'hui, grâce à cette première année de formation, je me rends compte que mon intuition était bonne. Tous les jeux qui ont été créé autrefois l'ont été par des médecins qui travaillaient auprès d'enfants "débiles". [je mets bien des guillemets hein !]
Le jouet, dans le monde de la petite enfance et donc dans la formation EJE prend une place considérable. Car le bébé et le petit enfant se développe et apprend en jouant. 

Jean Epstein, psychosociologue de notre époque, dit bien : "Un enfant ne joue pas pour apprendre, mais il apprend parce qu'il joue."

En bref, aujourd'hui, je sais que j'ai inconsciemment choisi cette formation pour me former au développement de l'enfant. Il m'a semblé important, moi qui ai longtemps travaillé avec des enfants en situation de handicap, de pouvoir mieux repérer les différents stades du développement normal de l'enfant pour ensuite mieux le repérer chez l'enfant en situation de handicap et de proposer des jouets au plus près de leurs besoins. Dans ma formation initiale, et dans celle de l'éducateur spécialisé, ce sujet n'est pas traité en profondeur. Moi qui me suis toujours destinée à devenir éducatrice spécialisée, voilà que je change de direction.

A côté de cela, je redécouvre tout un univers que je n'imaginais pas, je découvre le métier d’Éducateur de Jeunes Enfants qui est assez loin de mes représentations que j'avais au départ, des métiers de la petite enfance, de la pratique, de la dynamique inter et intra-institutionnelle, etc.
Et avec mes années de pratique dans le milieu du handicap, l'équilibre n'est pas encore simple à trouver. Mais j'y travaille sérieusement. 

Je suis donc dans un centre de formation qui propose une pédagogie assez particulière, que je ne suis pas encore forcément en mesure d'expliquer. Il s'agit de la pédagogie paysage qui est censé mettre en œuvre la métacognition. 
Ma responsable de filière écrit dans ces termes : "Elle vise la réflexivité et la conscientisation des démarches mentales utilisées lors des apprentissages (mémorisation, raisonnement, observation, questionnement, résolution de problématiques) par la description du cheminement mental suivi, afin de l’améliorer. L’objectif vise l’autonomie de pensée réflexive des étudiants, afin de limiter les conseils didactiques, pour une prise de conscience des démarches effectuées."
Dans cette pédagogie, la place donnée à l'art visuel est également importante, le sens de l'accueil et le concept de don et contre-don également.



Suite au prochain article...




samedi 4 mai 2019

Des news, des news.



Quand était-ce la dernière fois où je suis venue déposée des mots ici-même sur mon blog ? Je crois bien que je trouve de la difficulté dernièrement à me servir de l'écriture pour mettre de l'ordre dans mes idées et donne priorité à ma formation. 

Un petit coucou d'un ami blogueur est venu me remettre sur les rails de l'écriture. Pour cela, je l'en remercie :-)  Car je constate effectivement le fait de ne plus prendre le temps d'écrire rend beaucoup plus difficile ma faculté à prendre de la hauteur sur les situations vécues dans mon quotidien. 

J'aurais ainsi tant de choses à dire, à écrire, d'interrogations à poser... 

J'ai été prise pendant ces quelques mois dans de réelles difficultés relationnelles qui m'ont amenée à plusieurs reprises à reconsidérer ma capacité à faire des choix bienveillants à mon égard. Mon cadre de vie ayant à nouveau changé, il y a eu tout un équilibre intérieur important pour moi à effectuer. Notamment à "switcher" entre ce que je perçois de l'autre et ce que je peux en faire, c'est-à-dire ce qui vient s'activer en moi. Rester à me plaindre que l'autre me pourrisse la vie ou transformer cela et le mettre au travail. La difficulté est-elle que je me suis accordée trop peu de temps pour cela. Prise dans le tourbillon incessant de la surcharge de travail, entre les cours d’Éducateur de Jeunes Enfants, la Licence à la fac, mon rôle de déléguée puis les difficultés rencontrées lors de ma formation pratique sur mon terrain de stage, je me suis trop peu accordé de temps pour souffler. La dame a besoin de répit !!


En vacances, il y a une semaine de cela, je me suis vue dans un état de fatigue extrême. Somatisation, maladie, clouée au lit... Le corps a pris un sacré coup car mon esprit ne suivait plus la cadence. La nana complètement déconnectée d'elle-même quoi ! Ceci a été un sacré rappel à l'ordre. Néanmoins, je suis ravie de pouvoir spécifier avoir réussi mon premier semestre haut la main !

Je n'ai jamais appris à courir un marathon, (quoique ! d'écriture peut-être !) et en tant qu'être passionné que je suis, j'ai tendance à ne pas savoir mettre de frein, de poser mes propres limites ou tout simplement à trouver un bon rythme de croisière. Je ressens ce besoin d'urgence d'aller au bout de tout ce que j'entreprends... Et puisque cela ne s'arrête jamais, les heures passent, elles filent entre les doigts. 8 mois ce sont ainsi écoulés depuis mon entrée en formation, dans deux mois la première année se termine en ayant cette vilaine impression d'être si peu connectée à moi-même. 

Il n'en reste pas moins que les cours attisent ma curiosité, que je prends plaisir à découvrir ou redécouvrir des sujets intéressants, que je remets à jour certaines de mes connaissances. Que certains cours m'ouvrent à d'autres champs des possibles... peut-être même celles de la recherche en sciences sociales !? Why not ? 

Je reste néanmoins confrontée à mon expérience dans l'accompagnement des personnes en situation de handicap face au monde de la petite enfance. Équilibre subtil que je n'arrive pas encore à trouver. Cela vient toucher en profondeur ce qui m'anime et les valeurs que je porte en moi. J'en parlerai peut-être un jour plus longuement, cela me semble encore prématuré à ce jour. 

En attendant, prise entre plusieurs écritures de dossier et mes partiels à la fin du mois... Je procrastine mes révisions et je profite ce midi pour aller partager un repas avec mon cher grand-frère. 

JE LÂCHE PRISE !




lundi 4 mars 2019

L’intention dans le langage…






Cela fait un moment que je recherche dans ma relation à l’autre la nécessité d’employer à bon escient les mots justes pour communiquer.

Il y a bien des années maintenant, je m’étais rendu compte à quel point chaque mot employé m’engageait, à différents degrés, dans ma relation à l’autre. Je me suis notamment rendu compte à quel point ma parole n’avait aucune valeur dès lors que je n’y mettais pas consciemment une intention. Ce qui avait engendré derrière des difficultés relationnelles et un manque de confiance de l’autre vis-à-vis de moi.

Dernièrement, il m’a été souvent pointé du doigt le fait que j’étais trop sensible face aux mots, trop sensible par rapport aux communs des mortels. Et que parfois même, il était difficile de s’adresser à moi sans avoir en souci de peser les mots, à réfléchir sur les termes employés par peur de me froisser. En réalité, je ne me froisse pas, je tique sur leur emploi et je l’exprime.

Mais il est vrai que je suis très sensible aux mots, à ceux qui sont dits, ce qui sont susurrer à demi-mots et mêmes à ceux qui ne sont pas dits. Même les mots parfois mal employés - selon moi - sont extrêmement signifiants pour moi.
Depuis quelques années maintenant, cet aspect-là, qui constitue l’être social que nous sommes, a une importance pour moi. Notamment parce que dans mes premières interactions et communication, les mots et la parole n’avaient aucune valeur. Les mots s’envolaient mais pourtant, l’acte symbolique était fort et s’inscrivait dans mon être, puis plus tard dans mon rapport aux autres.

Quelle valeur accordons-nous donc aux mots ? Notamment dans notre relation aux autres ?
Parce que dans mon expérience et même sans le vouloir, leurs énergies déploient une vibration chez moi… Les mots ont une profondeur, un sens, un pouvoir. Le pouvoir de nous traduire dans nos intentions, dans notre être.

Le langage offre la possibilité de communiquer, communiquer invite à l’échange et à une forme de socialisation et donc à la relation.
Le langage, la parole que nous offrons à l’autre, engage. Comment est-il possible pour moi, désormais consciente de cela, de ne pas en tenir compte ?

Hannah Arendt disait : « Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action. » C’est bien là pour moi une réalité sur ce que je perçois du pouvoir des mots.


Les mots sont un signifiant, une symbolique, qui transmettent à eux seuls notre perception, notre vision du monde, nos représentations sociales. Ils offrent un corps à nos émotions, mettent en mouvement nos intentions, construisent pour une part notre relation aux autres. Ils sont autant une manifestation d’amour que de destruction.  

Quand on a conscience de cela, peut-on les employer sans les mesurer ?
J’associe peut-être un peu trop les mots aux intentions. Mais c’est ainsi que je les marie, c’est ainsi que je les manie.

Pourtant, je ne dis pas par là que je suis toujours en train de les penser, de les réfléchir, de les mesurer. Je ne suis pas constamment dans cette recherche du mot juste. Je n’en finirai jamais.

Lorsque j'entends, écoute, la parole de l’autre, on me pense régulièrement dans une analyse extrême… et pourtant… je les perçois seulement à travers mes propres représentations, je les ressens au-delà de ce qu’ils sont : une énergie qui circule, une intention posée, une esquisse du monde interne de celui/celle qui les emploie.

Pourtant, je n’ai pas un lexique très développé. Mon stock de vocabulaire est très restreint. Je passe mon temps à chercher mes mots dans l’intention de pouvoir être au plus près de ce que je voudrais exprimer ou faire ressentir à l’autre. Je peux être parfois gauche, mais j’ai conscience de ce que je peux provoquer chez l’autre. 
Je constate chaque jour que beaucoup de conflits se créent parce qu’en réalité, nous sommes tous et toutes sensibles à l’intention qui passe à travers le langage, à travers les mots que nous employons.  C’est pourquoi je porte une attention particulière à revenir à chaque fois sur ma façon de communiquer.

Je terminerai cet article avec cette phrase de Merleau Ponty que je viens à l'instant de trouver sur la toile pour tenter de traduire ma pensée, mais je vous avouerai avoir eu du mal à l'exprimer…

« La parole nous permet de rejoindre une intention qui va au-delà du sens des mots »

jeudi 14 février 2019

Lettre à l'ennui




14 FEVRIER 2019 



Mon très cher ennui,


Je t’écris ce jour pour te dire que j’ai fait le choix de te regarder. Je sais que tu es là parce que j’ai arrêté de vibrer. Depuis mon licenciement économique, j’ai perdu un peu le sens. J’ai cherché à te fuir depuis… Chercher des choses à faire, mettre des choses en place, aller chercher dans les profondeurs de mon âme pour tenter de retrouver une onde, même une toute petite onde, de vibration.

Oui j’ai vibré encore depuis, un peu parfois, intensément d'autres fois… mais cela ne dure pas dans le temps… Toi, mon émotion, tu t’es logée dans un sentiment profond en moi… Depuis quelque temps déjà, mais j’avais choisi de te fuir, de faire comme si tu n’étais pas là. Parce que j’avais des projets, j’étais dans l’attente de te faire disparaître… Mais maintenant que j’ai atteint mon but… Tout ce qui m’animait, toute ma curiosité s’étiolent petit à petit.

Pendant plusieurs jours maintenant, je n’ai eu de cesse de te demander ce qui me manquait dans ma vie pour que tu sois si présent… Mais vois-tu, face à toi je résistais. Je voulais te combattre, te déloger et je souhaitais te faire comprendre que tu n’auras jamais raison de moi. Sais-tu comme je me rends compte à quel point je me méprenais ? 
Oh Ennui qui me nuit… nuisait…


J’ai la profonde certitude ce soir que j’ai besoin de me comporter avec toi comme je le fais avec la tristesse, la colère et la peur… t’accueillir en mon seing et cesser de te repousser hors de moi. Car tu es là, et je suis prête à te laisser me parler, me transmettre tous les messages nécessaires et m’enseigner ce dont j’ai besoin de savoir…

Ce soir, en t’écrivant, je ressens une profonde sérénité. Mon corps se détend peu à peu, car j’accepte que tu sois mon compagnon d’infortune ! Je suis tellement prête à te laisser te tenir à mes côtés qu’un sentiment puissant d’amour commence ce soir à m’envahir. Puis-je donc te dire que je t’aime… que je m’aime de m’accorder ce droit de te ressentir en moi ? Tout à coup, vois-tu, même si je ne l’entrevois pas, je le ressens au plus profond de mon Être… le sens profond de ma démarche.

Non, je n’ai plus peur de toi. Non, je ne suis plus triste de ne plus savoir où je mets les pieds. Non, je n’angoisse plus de ce néant, de ce vide salutaire car tu es là, et tu es plein de toi… Je vais nous laisser vivre ce que nous avons à vivre ensemble ! Il me semble primordial pour moi de me reconnecter à ma foi… Elle est puissante et je commence à nouveau à ressentir cette énergie en moi. C’est toujours si surprenant de voir à quel point il est possible de me laisser porter dès lors que j’accepte de tout accueillir… Je me sens transporter par cette puissante force de l’Instant Présent en ce moment.

Et pourtant… tu es là Ennui… mais tout va bien ici et maintenant.


Ju'Lyn